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L’esprit Matibeye

Ses textes célèbrent la femme et rendent hommage à l’Afrique, à nos traditions et les hommes qui l’entretiennent. Sa voix à la fois suave et puissante est une véritable source d’énergie positive qui déborde la scène musicale et enchante le public. Mais loin des projecteurs, Geneviève est une mère aimante. Elle est aussi une citoyenne qui porte des projets constructifs et impliquent nos valeurs ancestrales, bases fondamentales de notre philosophie de vie. Aujourd’hui, elle nous parle d’elle, de ses projets, ses regrets, sa peur et bien plus.

 

Qui est Matibeye Geneviève ?

Matibeye est artiste musicienne tchadienne et Entrepreneur social

La Matibeye sur scène est-elle différente de celle à la maison ?

Lorsqu’on joue deux rôles, le sens d’organisation est très important. Pour concilier les deux, J’essaie de faire la part des choses. Il faut noter que j’ai embrassé ce métier avec beaucoup d’amour et de respect. Quand je sors pour mon travail, je suis l’artiste Geneviève et quand je suis à la maison je consacre mon temps à ma famille.

S’il faut qualifier le Tchad a une création artistique comment le représenteriez vous ?

On dit que la musique est une combinaison d’harmonie agréable a l’oreille. Le Tchad représente l’harmonie avec ses diversités culturelles, ses valeur et richesse représentées dans nos 23 régions. Il suffit juste de l’écouter et se laisser bercer.

Pensez-vous que la musique peut être une actrice majeur de développement ?

De nos jours le secteur culturel est devenu un moteur de développement comme dans de nombreux pays d’Afrique à l’image du Nigeria, Ghana, l’Afrique du sud, Cameroun, la Côte d’Ivoire et bien d’autres où la musique a contribué favorablement a l’évolution et au développement.

Au Tchad on ne s’intéresse pas à ce secteur. Il reste jusqu’à présent inexploité. Pourtant c’est un véritable moteur développement économique.

 

Si vous possédez une baguette magique quelle est la première chose que vous changeriez dans votre pays ?

Montrer un autre visage du Tchad au monde. Une image positive.

En quoi votre travail promeut la culture et la femme au Tchad ?

Je suis une chanteuse mais pas une chanteuse ordinaire. Je suis dje noon pah celle qui pleure la chanson ou les épopées chantées. Nous devons valoriser nos cultures et traditions. En tant que femme nous sommes garant de la paix et portons l’âme de ce pays

Vous avez récemment été en résidence de création parlez nous en, avez-vous d’autres projets ?

Le projet noon pah est né il y a de cela deux ans. Il s’agit d’un voyage au cœur des valeurs ancestrales du Tchad et qui encourage un retour à la source et à la recherche du savoir sur les technique des chants des griot qu’on rencontre dans toutes nos communauté.

Les griottes ont pour rôle de chanter la renommée de la chefferie traditionnelle, les louanges des chefs, princes, personnalité influente et la généalogie. Cette profession est en voie de disparition car beaucoup de jeunes s’en détournent. Nous avons effectué une première phase de recherche au sud suivi d’une résidence de création avec deux concerts de restitution accompagnés par une pianiste française Claudine François. Mais nous cherchons toujours des accompagnements pour la 2ème phase qui va se dérouler dans les régions situées au Nord du Tchad. Bien sur avec l’enregistrement d’un album et d’une diffusion national et international pour un aboutissement documenté et partagé du projet.

Je suis aussi coordonnatrice du projet SASCPN système automatique de suivi des consultations prénatales qui permet d’accompagner les femmes enceintes pendant leur période de grossesse en leur envoyant des SMS alerte visite CPN, des conseils et informations afin d’éviter les complications lors des accouchements et réduire le taux de mortalité maternel et néonatale qui sera lancer officiellement d’ici janvier

À votre avis les réseaux sociaux sont-ils un mal nécessaires à l’évolution de la musique au Tchad ?

Dans toute chose il y a toujours l’envers et la médaille. Mais tout dépend de ce qu’on y fait avec. Elle doit être une opportunité pour nous car ils nous connectent au monde. Aujourd’hui grâce à Internet, ma musique traverse les frontières. Je voyage et je rencontre du nouveau monde. Nous devons nous intéresser aux plateformes qui offrent des opportunités plutôt que de perdre le temps inutilement.

Estimez-vous que la culture pourrait redorer l’image du Tchad à l’échelle mondiale ? Si oui comment ?

Artistiquement, le Tchad est un pays vierge et inexploité. Cependant sa révolution culturelle est conditionnée par le temps et une réelle volonté de tous. Notre pays est le carrefour des cultures et nous devons réécrire notre propre histoire pour que les regards portés sur le Tchad changent et parce que nous sommes aussi le berceau de l’humanité.

Quel est le mot que vous détestez le plus

« Tu ne peux pas ». Mais oui on peut lorsqu’il y a la volonté et le courage !

Quelle est votre plus grande peur

Peur de vieillir (rire).

Votre regret ?

D’avoir de fois prit des mauvaises décisions

Quelle est votre mission dans ce monde et votre pays en particulier ?

Ma musique est thérapeutique. Elle est débordante d’émotions, d’amour de joie et de force. C’est un réservoir d’énergies positives. Je vais la transmettre davantage au monde et si elle réussi à soulager des maux, alors j’ai atteint l’objectif de ma mission.

Un mot pour les femmes et la jeunesse tchadienne

Il est évident que depuis l’époque de nos ancêtres à celles d’aujourd’hui, la situation de la femme a fait du chemin. Nous avons pris de la place et les devant des scènes. C’est une excellente chose mais la jeunesse actuelle doit davantage travailler pour fortifier ce travail et préparer le terrain pour les générations à venir. Chacun et chacune de nous doit poser une pierre pour la construction du Tchad de demain. Un Tchad développé. Bien sûr avec la contribution sérieuse de nos dirigeants.

Crédit photo/Propos recueillis par Salma Khalil

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